Le futur des datacenters : entre innovation et développement durable
Problématique
Toujours très discrets et peu connus du grand public, les datacenters sont pourtant le cœur battant du numérique. Chaque jour, nous générons 2,5 quintillions d’octets de données, soit l’équivalent de 250 000 fois le contenu de la Bibliothèque du Congrès américain. Cette explosion numérique a un coût environnemental non négligeable : 3,5 % des émissions mondiales de CO2, soit plus que l'aviation civile. D'ici 2025, ce chiffre pourrait atteindre 8 % (L'Info Durable[1]).
En France, en mars 2024, on comptait 315 datacenters publics destinés à la location et environ 5 000 datacenters privés (en 2022). Ces infrastructures sont nécessaires à l'économie numérique, mais leur impact environnemental suscite des inquiétudes.Face à cette croissance énergétique exponentielle, les datacenters doivent réfléchir à la manière de réduire leur impact environnemental. Datalok souhaite accompagner les entreprises dans l'optimisation écologique de leurs infrastructures de stockage et fournit des outils pour suivre leur efficience énergétique (DC Mag[2]).
Un bilan énergétique alarmant que Datalok prend en considération
L’essor du cloud computing, du streaming et de l'intelligence artificielle entraîne une explosion de la consommation énergétique des datacenters. Une requête ChatGPT consommerait 10 fois plus d'énergie qu'une recherche Google, et la demande énergétique des datacenters pourrait augmenter de 160 % d'ici 2030 (Futura Sciences[3] et L'Info Durable[4])
Selon l'ADEME, en 2022, les datacenters français consommaient environ 6,85 TWh d’électricité, émettant 1159 tonnes de fioul et utilisant 21 930 tonnes de batteries par an pour le stockage et l’alimentation de secours (France TV Info[5]).
Par ailleurs, la consommation en eau pour le refroidissement de ces infrastructures est critique, surtout en période de stress hydrique. Datalok fournit un classement des datacenters en fonction de leur PUE et WUE, permettant aux entreprises de choisir des infrastructures plus responsables.
Des initiatives vertueuses existent déjà, et Datalok souhaite les valoriser
Heureusement, certains acteurs prennent des mesures pour limiter cet impact :
- Grenoble : le green datacenter d'Eolas (Orange Business Service) fonctionne avec des énergies renouvelables depuis 2011. Il utilise le "natural cooling", une technique de refroidissement à l’eau prélevée dans les nappes phréatiques du Drac, réduisant ainsi sa consommation énergétique de 66 % (Big Media BPI[6]).
- Seine-Saint-Denis : le datacenter d'Equinix valorise sa chaleur fatale pour alimenter un réseau de chauffage urbain desservant 60 000 logements (Big Media BPI[6]).
- Pau : où Total a choisi de développer son propre supercalculateur au sein de son datacenter plutôt que de recourir aux services de cloud public. Cette décision vise à obtenir une puissance de calcul sur mesure et à garantir la confidentialité des données, notamment pour améliorer la précision de ses forages. (lemagit.fr[7]))
La régulation et les standards environnementaux auquels Datalok souhaite répondre
Des indicateurs comme le PUE (Power Usage Effectiveness) et le WUE (Water Usage Effectiveness) permettent de mesurer l'efficacité énergétique et la consommation d'eau des datacenters. Datalok propose un classement des datacenters selon leur efficience énergétique, aidant ainsi les entreprises à faire des choix plus durables.
L'ADEME recommande plusieurs mesures pour limiter l'impact des datacenters :
- Construire de nouveaux sites sur des friches urbaines pour éviter l'artificialisation des sols.
- systématiquement la chaleur produite par les serveurs.
- Privilégier des solutions de colocation ou d'optimisation de l'infrastructure informatique (France TV Info [5]).
Quels axes d’amélioration pour demain ?
Malgré ces efforts, de nombreux leviers restent à activer :
- L'écoconception des infrastructures : éviter l'obsolescence matérielle et réduire l'impact des composants. Par exemple, des entreprises comme Fairphone et Circular Computing développent également des matériaux recyclés et des circuits imprimés à faible empreinte carbone. Scaleway, filiale du groupe Iliad, met en place un programme de reconditionnement de ses serveurs, réduisant ainsi l'utilisation de nouvelles ressources et prolongeant leur cycle de vie (Univers Freebox[9]).
- Le développement des "Edge Datacenters" : des infrastructures plus petites et régionales pour réduire la consommation des grands hubs centralisés. Aux Etats-Unis, Google et Microsoft investissent dans des micro-datacenters locaux pour minimiser la latence et limiter la consommation d’énergie en diminuant les distances de transfert de données.
- L'optimisation des logiciels et algorithmes : limiter la consommation d’énergie des applications. Par exemple, des technologies comme le "Dynamic Voltage and Frequency Scaling" (DVFS) ajustent la puissance des processeurs en fonction des besoins réels, réduisant ainsi la consommation énergétique des serveurs. (source : Techtarget[10]). Quant à Golem.ai, l’entreprise a optimisé ses modèles d'intelligence artificielle pour réduire leur consommation énergétique tout en maintenant un haut niveau de performance, validé par un benchmark externe (Source : Informatique News[11]).
- L’intégration plus poussée des énergies renouvelables et des technologies de refroidissement passif : certaines infrastructures utilisent des systèmes de refroidissement à l’air libre, comme celui d'OVH à Roubaix, qui permet de se passer de climatisation active et d’économiser jusqu'à 30 % d'énergie par rapport aux méthodes traditionnelles. (Source : 01Net[12]).
Les datacenters sont et resteront un pilier de notre société numérique, mais leur impact environnemental ne peut être ignoré. Datalok accompagne les entreprises pour optimiser leurs datacenters et réduire leur empreinte carbone.
Sources
- [1] Révolution verte du numérique : comment les entreprises transforment leur impact environnemental
- [2] Les chiffres du datacenter : France
- [3] Un rapport révèle que les data centers consomment plus d’énergie ...
- [4] IA et nouveaux centres de données : le poids environnemental décrypté par une ONG
- [5] Consommation d'électricité, extraction de métaux, data centers...
- [6] Pollution des data centers : Comment réduire leur empreinte carbone ?
- [7] Les 7 entreprises qui ont réenchanté leur datacenter en 2019
- [9] Iliad explique le reconditionnement des serveurs de sa filiale cloud, une initiative “sans équivalent” dans le secteur
- [10] dynamic voltage and frequency scaling (DVFS)
- [11] Sobrieté numérique : l’efficacité énergétique de l’intelligence artificielle de Golem.ai validée par un Benchmark externe
- [12] Une révolution vieille de 20 ans sera-t-elle la clé d’un Net plus vert ?